Engraisser des veaux avec moins d’antibiotiques, c’est possible


Quelques mesures simples peuvent permettre aux agriculteurs de réduire l’usage des antibiotiques et d’améliorer le bien-être animal, sans perte de compétitivité. C’est ce que révèlent les résultats d’une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Berne en Suisse. Ce projet a été soutenu par le Fonds National Suisse (FNS) dans le cadre du Programme national de recherche « Résistance aux antimicrobiens » (PNR 72), par IP-SUISSE, la Fédération des coopératives Migros ainsi que l’Office fédéral de l’agriculture.

Les chercheurs ont comparé l’élevage des veaux de boucherie en plein air dans des igloos par rapport à l’élevage classique actuel.

L’utilisation des antibiotiques a pu être massivement réduite, le bien-être des animaux amélioré et la rentabilité maintenue à un niveau comparable.

Les premières semaines sont décisives

Pour mettre en place le projet « veau en plein air », les chercheurs ont analysé dans un premier temps les raisons pour lesquelles les veaux à l’engraissement développent des pathologies qui rendent nécessaire le recours aux antibiotiques. Il en ressort sans surprise que ce sont les pathologies respiratoires qui constituent la raison principale des traitements aux antibiotiques et principalement lors des premières semaines d’engraissement. Le mélange des animaux lors du passage en centre de tri et le transport sont également des facteurs favorisant la diffusion des agents pathogènes entre les veaux.

Face à ce constat, la construction du projet s’est basée sur la limitation des temps de transport et l’absence du passage via les centres de tri en ne mettant en place dans les ateliers d’engraissement que des veaux issus des élevages voisins. Pour limiter la contamination entre veaux, ceux-ci ont été logés dès leur arrivée dans des igloos individuels à l’air libre et ont été vaccinés contre les pathologies respiratoires. Après une période de quarantaine, ils sont réunis en petits groupes de dix au maximum dans un igloo collectif disposant d’un enclos paillé et couvert.

L’étude a concerné 19 élevages qui ont été comparés à 19 élevages « traditionnels » situés dans la même région, respectant les prescriptions d’IP-SUISSE, un label aux exigences élevées en matière de bien-être animal. Plusieurs paramètres ont été surveillés dont l’état de santé des veaux, le recours aux antibiotiques…

Des animaux en meilleure santé

Les « veaux en plein air » sont moins affectés par les pathologies digestives et respiratoires et affichent des taux de mortalité plus faibles.

Cinq fois moins d’antibiotiques

Un veau sur six a dû être traité aux antibiotiques dans lot « plein air » contre un veau sur deux dans les élevages traditionnels. La différence est encore plus flagrante pour le temps total de traitement : cinq fois moins de jours de traitement ont été enregistrés dans les fermes avec le nouveau concept que dans les fermes traditionnelles.

Très peu de différences sur le plan économique

Enfin, les chercheurs ont examiné le projet sous l’angle économique, cet aspect étant décisif pour la mise en œuvre pratique. Les charges spécifiques par veau, du prix d’achat du veau au fourrage, en passant par le travail requis ont été prises en compte. Ils ont ainsi montré que l’engraissement des veaux selon la méthode « veau en plein air » équivaut dans une large mesure à l’engraissement traditionnel labellisé IP-SUISSE d’un point de vue économique.

En conclusion : une solution pragmatique pour l’avenir

Le bilan du projet est positif et il ne fait pas de doute que c’est une option possible dans la lutte contre l’antibiorésistance.

GP- FR-NON-210400017



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