Stratégie de la ferme à la fourchette : les 9 paradoxes


La pandémie du COVID-19 est apparue comme un facteur accélérateur pour la Commission Européenne pour préparer et présenter cette stratégie, mais elle a été aussi l’occasion pour de nombreux consommateurs de se poser certaines questions sur leur alimentation et ses conséquences directes et indirectes. Tout ceci a conduit à l’apparition de certains paradoxes fondés sur l’idée reçue selon laquelle la consommation de viande aurait un impact significatif sur l’environnement et sur notre santé. Peu de gens sont conscients de l’évolution de nos élevages depuis quelques décennies et les consommateurs en ont souvent une vision erronée.

Afin de clarifier tout ceci, le rassemblement européen des filières de l’élevage et de la viande, European Livestock Voice, a publié le 25 mars dernier une vidéo pédagogique qui explique… « les neuf paradoxes de la ferme » :

Loin de la vision urbaine de l’élevage, la vidéo apporte des éléments de réponses simples aux idées reçues, sur l’alimentation, l’utilisation des terres, l’environnement, l’économie, le bien-être animal, l’utilisation des engrais, l’emploi, le patrimoine gastronomique et culturel et la sécurité alimentaire.

La vidéo de 9 minutes rappelle ainsi que la consommation de protéines animales a favorisé le développement du cerveau humain, mais aussi que l’élevage ne dérobe pas des terres aux cultures puisque les ruminants se nourrissent de celluloses non digérées par l’homme. Refusant l’abandon des terres, les filières européennes appellent aussi à relativiser les émissions de CO2 de l’élevage.

Cette vidéo montre également comment les déjections animales permettent la réduction de l’utilisation des engrais de synthèse. Enfin, les questions du bien-être animal et de l’économie est abordée et notamment si l’Europe est contrainte d’abandonner sa production de viande pour l’importer de pays tiers.

Une vidéo très intéressante qui permet de comprendre l’utilité de défendre l’élevage de bovins sur nos territoires.

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Engraisser des veaux avec moins d’antibiotiques, c’est possible


Quelques mesures simples peuvent permettre aux agriculteurs de réduire l’usage des antibiotiques et d’améliorer le bien-être animal, sans perte de compétitivité. C’est ce que révèlent les résultats d’une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Berne en Suisse. Ce projet a été soutenu par le Fonds National Suisse (FNS) dans le cadre du Programme national de recherche « Résistance aux antimicrobiens » (PNR 72), par IP-SUISSE, la Fédération des coopératives Migros ainsi que l’Office fédéral de l’agriculture.

Les chercheurs ont comparé l’élevage des veaux de boucherie en plein air dans des igloos par rapport à l’élevage classique actuel.

L’utilisation des antibiotiques a pu être massivement réduite, le bien-être des animaux amélioré et la rentabilité maintenue à un niveau comparable.

Les premières semaines sont décisives

Pour mettre en place le projet « veau en plein air », les chercheurs ont analysé dans un premier temps les raisons pour lesquelles les veaux à l’engraissement développent des pathologies qui rendent nécessaire le recours aux antibiotiques. Il en ressort sans surprise que ce sont les pathologies respiratoires qui constituent la raison principale des traitements aux antibiotiques et principalement lors des premières semaines d’engraissement. Le mélange des animaux lors du passage en centre de tri et le transport sont également des facteurs favorisant la diffusion des agents pathogènes entre les veaux.

Face à ce constat, la construction du projet s’est basée sur la limitation des temps de transport et l’absence du passage via les centres de tri en ne mettant en place dans les ateliers d’engraissement que des veaux issus des élevages voisins. Pour limiter la contamination entre veaux, ceux-ci ont été logés dès leur arrivée dans des igloos individuels à l’air libre et ont été vaccinés contre les pathologies respiratoires. Après une période de quarantaine, ils sont réunis en petits groupes de dix au maximum dans un igloo collectif disposant d’un enclos paillé et couvert.

L’étude a concerné 19 élevages qui ont été comparés à 19 élevages « traditionnels » situés dans la même région, respectant les prescriptions d’IP-SUISSE, un label aux exigences élevées en matière de bien-être animal. Plusieurs paramètres ont été surveillés dont l’état de santé des veaux, le recours aux antibiotiques…

Des animaux en meilleure santé

Les « veaux en plein air » sont moins affectés par les pathologies digestives et respiratoires et affichent des taux de mortalité plus faibles.

Cinq fois moins d’antibiotiques

Un veau sur six a dû être traité aux antibiotiques dans lot « plein air » contre un veau sur deux dans les élevages traditionnels. La différence est encore plus flagrante pour le temps total de traitement : cinq fois moins de jours de traitement ont été enregistrés dans les fermes avec le nouveau concept que dans les fermes traditionnelles.

Très peu de différences sur le plan économique

Enfin, les chercheurs ont examiné le projet sous l’angle économique, cet aspect étant décisif pour la mise en œuvre pratique. Les charges spécifiques par veau, du prix d’achat du veau au fourrage, en passant par le travail requis ont été prises en compte. Ils ont ainsi montré que l’engraissement des veaux selon la méthode « veau en plein air » équivaut dans une large mesure à l’engraissement traditionnel labellisé IP-SUISSE d’un point de vue économique.

En conclusion : une solution pragmatique pour l’avenir

Le bilan du projet est positif et il ne fait pas de doute que c’est une option possible dans la lutte contre l’antibiorésistance.

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Une forte reprise du cours des ingrédients laitiers


La reprise nette des cours des produits laitiers industriels début 2021, en lien avec la forte demande internationale (U.E., Chine, Russie, pays musulmans avant le Ramadan d’avril), suscite l’optimisme des professionnels.

Sur le marché mondial, le prix reconstitué du lait à partir de ceux de la PDL (poudre de lait) et du beurre en janvier 2021 atteint 305€ les 1000 litres, soit +32€ vs 2020 ! Fin mars (semaine 11), le cours du beurre européen a dépassé 4000€ la tonne (4900€ la tonne en Océanie !). Parallèlement le cours de la PDL écrémée avoisine 2500€ la tonne en Europe.

De ce fait, le pic printanier de collecte associé à la mise à l’herbe devrait être plus facile à absorber par les industriels. Et le prix du lait devrait moins baisser qu’à l’accoutumée sur cette période.

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Collecte : en recul jusqu’à la mise à l’herbe


En France, la production a beaucoup reculé sur les 10 premières semaines de 2021, à -3%. Cette baisse s’explique notamment par la réduction du nombre de vaches laitières (-2%) mais aussi par le prix élevé des aliments et la piètre qualité du maïs ensilé.

Les niveaux de production en recul devraient perdurer jusqu’à la mise à l’herbe, et réaugmenter ensuite si le marché des ingrédients laitiers continue à être bien orienté.

 

Prévisions UE : une demande à la hausse en 2021

Mais cette reprise prévisible de la collecte sera limitée par la réduction des effectifs : l’IDELE prévoit une nouvelle baisse de 1,5 à 2% du nombre de vaches laitières en 2021 (sous le double effet de la baisse du nombre de génisses et du nombre élevé de cessions de fermes, parfois sans reprise).

Dans les autres pays européens, l’IDELE prévoit aussi la baisse du cheptel laitier en Allemagne, sa stagnation aux Pays-Bas et son augmentation dans les autres pays laitiers de l’UE. Au total, la baisse du nombre de vaches laitières atteindrait 1% en Europe sur 2021, la production totale de lait augmentant de 0,7 à 1,3%, soit environ 1,5 milliards de litres de lait.

Concernant les produits laitiers, la demande européenne est prévue à la hausse, de 2% pour les fromages, 1.5% pour le beurre et 1% pour la PDL.

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Economie des élevages laitiers : une situation dégradée en 2020


L’indice Ipampa des coûts de production est au plus haut alors que le prix payé aux 1000 litres en janvier 2021 était en retrait de 9€ par rapport à l’an passé à 327€ pour le lait conventionnel standard, de 6€ à 359€ pour le prix réel incluant les primes.

 

Ces éléments constituent des signaux défavorables pour les producteurs dont les revenus et la trésorerie ont déjà été mis à mal en 2020. Ainsi en élevage de plaine, le revenu courant moyen est estimé à 30.000€ par UMO ‘exploitant’ (UMO = Unité de main d’œuvre) en 2020, contre plus de 36.000€ en 2019.

 

En 2020, 2/3 des exploitations laitières présentaient une trésorerie nette négative ou de l’endettement à moyen ou long terme.

(Source : IDELE, Hors-série 2020 – Economie de l’élevage : revenu et trésorerie des élevages laitiers)

La variabilité du cours des aliments achetés, du soja en particulier, pèse beaucoup sur le revenu des éleveurs et sur leur trésorerie. Cela pourrait conforter les éleveurs dans la recherche d’une plus forte autonomie fourragère et favoriser le développement des systèmes herbagers.

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Un test Elisa de tank pour estimer la prévalence intra-troupeau de la dermatite digitée


La dermatite digitée (DD) est la cause infectieuse de boiterie la plus répandue dans les troupeaux laitiers, pouvant atteindre 70 à 96 % des élevages dans certains pays. La prévalence intra-troupeau est également variable, jusque 83 % des vaches. L’enregistrement de la prévalence au sein d’un troupeau (% de vaches affectées) est essentiel pour décrire la dynamique d’infection et adapter les stratégies de contrôle. La technique « gold standard » de détection de la DD est l’examen des pieds lors du parage. L’origine polymicrobienne de la DD est désormais reconnue, avec un rôle prépondérant des spirochètes du genre Treponema. Le diagnostic de la DD au laboratoire s’est concentré sur des tests de type Elisa, d’abord sur le sang et à partir de suspensions bactériennes de Treponema phagedenis ; puis la technique Elisa s’est développée sur des protéines immunogènes de ce même Tréponème, avec une application sur des échantillons de lait. Les meilleures performances (spécificité et sensibilité) de ces tests Elisa ont été obtenues avec la protéine PrrA.

L’objectif de cette étude menée par l’équipe BIOEPAR (Oniris, Nantes) en collaboration avec la société Biosellal était de déterminer les seuils optimaux d’un test Elisa basé sur l’antigène PrrA appliqué sur lait de tank afin de déterminer la prévalence intra-troupeau de la DD en considérant :

  1. La prévalence des vaches affectées à tout stade lésionnel,
  2. La prévalence des vaches affectées par la DD à un stade actif.
troupeau_laitier

A cette fin, les pieds postérieurs de toutes les vaches laitières provenant de 40 élevages laitiers à historique de DD ont été notés par un observateur dans la salle de traite, en utilisant l’échelle de notation lésionnelle « 4M » (de M0 à M4, selon la gravité). Après la traite, un échantillon de lait de tank était collecté et soumis à l’analyse Elisa déterminant les anticorps anti-PrrA extraits d’une souche de Treponema phagedenis-like (BioLisa kit Dermatitis Ab, Biosellal). La prévalence intra-troupeau de la DD à l’échelle de la vache a été déterminée selon 2 approches :

  1. Une lésion de DD sur au moins un pied (Prev),
  2. Une lésion « active » de DD (score M1 ou M2) sur au moins un pied (PrevA).

Avec le test Elisa, on mesure la densité optique de l’échantillon en le comparant avec le même critère sur des échantillons témoins positif et négatif, ce qui permet de définir un ratio S/P : (OD échantillon – OD témoin négatif) / (OD témoin positif – OD témoin négatif).

 

  • Caractéristiques des élevages : ont été incluses entre 35 et 126 vaches par élevage, avec une moyenne de 79. La proportion de vaches primipares variait entre 11 et 50 % avec une moyenne de 32 %.
  • Prévalences de la DD : la prévalence globale (Prev) a été comprise entre 3 et 72 % (moyenne de 35 %). La prévalence en termes de lésions actives (PrevA) a varié de 0 à 48 %, avec une moyenne de 14 %. La corrélation entre les 2 prévalences était modérée.
  • Relation prévalences DD-ratios S/P Elisa : les corrélations entre prévalences intra-troupeau et valeurs S/P du test Elisa sur lait de tank ont été faibles à modérées, mais pas nulles ; elles étaient également meilleures pour la prévalence globale (Prev) par rapport à la prévalence « active » (PrevA).
  • Ratios S/P (« cut-offs ») : les troupeaux avec un ratio S/P ≤ 0,2 ont une prévalence globale inférieure ou égale à 10 % (sensibilité de 97 % ; spécificité de 100 %). Les troupeaux avec un ratio S/P > 0,38 ont une prévalence globale (Prev) supérieure à 40 % (sensibilité de 94 % ; spécificité de 86 %) ; ce même ratio correspond aussi à une prévalence active (PrevA) supérieure à 18 % (avec des performances de test un peu plus faibles).

En conclusion, le test Elisa sur lait de tank à base de la protéine PrrA constitue un outil intéressant pour évaluer la prévalence intra-troupeau de la dermatite digitée chez les vaches laitières. C’est un outil de screening utile dans les programmes de contrôle de cette cause de boiterie majeure dans les troupeaux laitiers.



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Difficultés de vêlage, rumination et statut inflammatoire des vaches laitières


Les difficultés de vêlage sont susceptibles d’affecter la santé et les performances des vaches laitières. La disproportion mère/fœtus est une cause majeure de dystocie. Les vêlages difficiles sont associés à une diminution de l’ingéré alimentaire et de l’abreuvement de la vache avant le part, ainsi qu’à l’accroissement des risques de maladies et de mortalité périnatale du veau. Ils peuvent également entrainer une modification du comportement des vaches, avec un temps plus important debout. Aucune étude n’a investigué la relation entre les difficultés de vêlage et le temps de rumination ainsi que le statut inflammatoire des vaches.

L’hypothèse des auteurs italiens de l’étude est que le rapport pondéral mère/veau peut influer négativement sur le comportement et le statut inflammatoire des vaches laitières en période péripartum, perturber la récupération des mères et augmenter les risques de maladies inflammatoires.

L’objectif de la présente étude est donc d’évaluer les effets du rapport des poids corporels vache/veau sur les dystocies, les temps de rumination et le couchage, le profil inflammatoire de 25 vaches laitières Holstein. A l’aide de dispositifs de suivi et d’enregistrement connectés, des critères de comportement, de production ont été mesurés sur 9 primipares et 16 multipares entre le tarissement et le stade « 30 jours de lactation ». Sur cette même période, des prélèvements sanguins ont permis d’établir le profil métabolique et inflammatoire de ces vaches. Tous les vêlages ont été enregistrés en vidéo pour évaluer leur durée et leur difficulté. Après le part, les vaches ont été classées en 3 catégories selon leur rapport pondéral vache/veau (D:C) : « facile » (E ; D:C > 17), « moyen » (M ; D:C entre 14 et 17), « difficile » (D ; D:C < 14).

velage

 

  • Durée du part : les vaches du groupe D ont une durée de vêlage significativement plus longue que les 2 autres groupes (108 min versus 54 et 51 min pour les groupes M et E) et un plus fort taux d’assistance au vêlage (50 % versus 0 et 11 % pour les groupes M et E).
  • Temps de rumination : les vaches du groupe D ont une plus courte durée de rumination par rapport aux autres groupes M et E le jour du vêlage (176 min/j versus 288 et 354), durant la première semaine de lactation (312 min/j versus 339 et 434) et jusqu’à 30 jours de lactation (399 min/j versus 451 et 499).
  • Durée de couchage : les vaches primipares du groupe D ont une plus courte durée de repos dans la première semaine de lactation en comparaison au groupe M (8 h/j versus 11).
  • Marqueurs de l’inflammation : des différences entre groupes ont été mises en évidence sur les protéines aiguës de l’inflammation (céruléoplasmine, albumine, rétinol, paraoxonase), spécialement entre le groupe D par rapport aux groupes M et E. En outre, les vaches du groupe D ont eu des taux plasmatiques plus bas en ce qui concerne la fructosamine (marqueur du bilan énergétique) et la créatinine (témoin de la mobilisation protéique).

Dans le cadre de cette étude, un rapport faible entre poids de la vache et poids du veau (< 14), facteur favorisant de dystocie, a réduit le temps de rumination et augmenté l’état inflammatoire des vaches laitières Holstein, suggérant un moindre bien-être en début de lactation. Ce critère pondéral pourrait servir comme index utile afin d’identifier les vaches à risque relativement élevé de maladies métaboliques et inflammatoires.

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Brèves de traite – avril 2021


L’émission de méthane par les ruminants, à l’origine des gaz à effet de serre (GES) peut être modulée par une stratégie alimentaire, notamment grâce à l’utilisation de tannins d’origine végétale, sans effets défavorables sur les performances de production. Les auteurs américains de cette publication ont réalisé une revue bibliographique des méthodes permettant de réduire les émissions de méthane chez les ruminants. Pour atteindre cet objectif, il convient d’agir sur le microbiote ruminal notamment, par la sélection génétique et le régime alimentaire. La publication s’est particulièrement intéressée à l’effet anti-méthanogène des tannins issus de plantes : les tannins condensés (ou pro-anthocyanidines) qui sont des polyphénols présents en général dans les légumineuses ; les tannins hydrolysables (acide gallique ou ellagique), moins intéressants car ayant un caractère toxique à dose modérée à forte. La plupart des données concernant l’impact de fourrages enrichis en tannins condensés, sans impact négatif sur la productivité, concernent des rations à taux protéique élevé, notamment avec des taux de protéines brutes de 15 à 25 % provenant de diverses plantes : trèfle en patte d’oiseau, lotier des marais, Lespedeza de Chine, sulla et ray-grass anglais ; des études in vitro montrent que le recours à ces fourrages enrichis peut réduire l’émission de méthane de 25 à 51 %. Cette réduction peut être renforcée par l’addition d’extraits de quebracho et de yucca (saponines). De plus, ces régimes enrichis en tannins influent, chez les vaches laitières notamment, sur le niveau d’infestation par des nématodes gastro-intestinaux et augmentent la teneur en acides gras insaturés du lait. (Min et al, Animal Nutrition, 2020, 6, 231-246).

 

La diversité de la flore bactérienne utérine diminue en période post-partum chez la vache saine ; elle est également plus faible chez la vache atteinte de métrite en comparaison de la vache saine. Cette équipe scientifique chinoise a sélectionné, au sein d’un gros troupeau laitier, 60 vaches laitières, parmi lesquelles ont été retenues des vaches saines et des vaches atteintes de métrites dont les contenus utérins ont été prélevés 1, 7, 14, 21, 35 jours après vêlage. La communauté bactérienne utérine a été déterminée et séquencée sur la base d’une technologie d’amplification (PCR) de l’ADN 16S. Le nombre d’OTU (Unité Taxonomique Opérationnelle, qui permet de regrouper des individus phylogénétiquement proches) a été respectivement supérieur et inférieur à 200 chez les vaches saines et infectées. Par rapport aux vaches témoins, les femelles à métrites avaient une flore moins diversifiée avec notamment une augmentation des Bacteroidetes, Fusobacteria, Porphyromonas, Bacteroides, une diminution des Firmicutes, Proteobacteria et Clostridium. (Chen et al, Veterinary and Animal Science, 2020, 10 : 100102).

 

Cette étude de terrain souligne l’impact de l’alimentation de veaux laitiers avec du lait provenant de vaches traitées aux antimicrobiens ainsi que celui du traitement antibiotique des veaux laitiers sur l’antibiorésistance des colibacilles commensaux de leur flore digestive. Ce sont les principales conclusions d’une étude réalisée en 2017 dans 100 élevages laitiers par l’Anses de Lyon en partenariat avec la SNGTV et Labéo-Manche. Un suivi longitudinal de veaux laitiers a été mené jusque 2 semaines (mâles) ou 7 semaines d’âge (femelles) avec écouvillonnage rectal à ces âges précédemment évoqués, puis analyses de la sensibilité de la flore digestive et des colibacilles commensaux, détermination du phénotype BLSE (β-lactamases à spectre étendu). Les niveaux de résistance de la flore dominante étaient élevés (> 60 %) pour streptomycine, tétracycline et amoxicilline, faibles (< 3 %) pour les antibiotiques d’importance critique (céphalosporines de dernières générations, fluoroquinolones). Chez les veaux femelles, la résistance antimicrobienne a diminué entre 2 et 7 semaines d’âge. La consommation de lait de vaches traitées aux antimicrobiens a été associée avec une résistance accrue aux antibiotiques précédemment cités ainsi qu’à l’association triméthoprime-sulfonamide. Par contre, aucune corrélation n’a été mise en évidence entre antibiorésistance de la flore dominante et des colibacilles et consommation par le veau de colostrum issu de vaches traitées au tarissement. (Jarrige et al, Preventive Veterinary Medicine, 2020, 185 : 105177).

 

Le passage de la traite conventionnelle au robot de traite en élevage laitier a permis d’améliorer les performances de reproduction de vaches Holstein en première et deuxième lactations, exception faite de l’intervalle vêlage-IA fécondante sur la deuxième lactation. L’objectif de cette étude polonaise était de comparer production laitière standard (305 jours) et performances de reproduction dans des élevages qui étaient passés d’un système de traite conventionnelle à une traite robotisée entre 2010 et 2013. L’étude a intégré 16 élevages laitiers pour 2.620 vaches Holstein, avec relevé de critères de production laitière et reproduction (2 premières lactations), soumis par la suite à une analyse statistique afin de mettre en évidence d’éventuelles différences significatives entre les 2 systèmes. Suite au passage en robot de traite, la production laitière a été améliorée respectivement de 1.078 et 1.182 kg pour les première et deuxième lactations. En termes de fertilité, la transition vers une traite robotisée a permis d’améliorer significativement l’intervalle entre la première IA et l’IA fécondante (15 versus 22 jours) et le nombre d’IA nécessaires à la fécondation (1,79 versus 2,01) pour le premier cycle de reproduction, l’âge au vêlage (1.226 versus 1.244 jours) pour la seconde lactation. Une interaction significative a été démontrée sur les critères de fertilité entre système de traite et élevage. (Piwczynski et al, Livestock Science, 2020, 240, 104140).

 

La conduite d’élevage (distribution du colostrum, alimentation, logement, manipulation des animaux) a un impact fort sur la croissance et la survie des futures génisses laitières.  Une étude transversale a été menée dans le Nord de l’Allemagne entre 2012 et 2014 afin d’identifier des facteurs de risques d’une mauvaise croissance (3 premiers mois) et d’une mortalité élevée (6 premiers mois) de veaux laitiers femelles, sur la base de données issues de visites d’élevages et de questionnaires sur la conduite des fermes. Les facteurs significativement associés à une mortalité élevée (> 5 %) ont été la proportion de veaux avec une déficience du transfert d’immunité passive (> 25 %), l’utilisation métaphylactique de lactate d’halofuginone. Pour ce dernier point qui semble surprenant, l’explication tient au fait que les élevages ayant la plus forte incidence de diarrhées néonatales traitent plus systématiquement que les élevages à moindre incidence de troubles digestifs avec cette molécule active notamment contre les cryptosporidies. Une trop faible quantité de concentrés consommée autour du sevrage, le changement de lot des veaux plus de deux fois jusqu’au sevrage et un risque diminué de l’incidence des fièvres de lait chez les mères (<5% ; résultat surprenant mais sans doute lié à un biais dû à un effet « parité », car il y avait plus de vaches à plus de 3 lactations dans les élevages à forte incidence de fièvre vitulaire) ont été significativement associées à une mauvaise croissance des futures génisses (médiane: 675 grammes par jour de la naissance au sevrage). (Tautenhahn et al, Preventive Veterinary Medicine, 2020, 184, 105154).

 

Une supplémentation de la ration des vaches laitières en vitamine E n’influe ni sur la qualité du colostrum et le comptage en cellules somatiques du lait, ni sur la production laitière, mais améliore certains critères de reproduction (taux de rétention placentaire, Intervalle Vêlage-IA fécondante), ces effets positifs étant corrélés aux teneurs du sérum en vitamine E et modulés par une supplémentation en sélénium. Ce sont les conclusions d’une méta-analyse réalisée par des scientifiques iraniens et autrichiens visant à évaluer l’influence d’une supplémentation en vitamine E sur différents critères immunitaires, zootechniques et reproducteurs. La base de données étudiée a englobé 36 publications correspondant à 53 essais de supplémentation en vitamine E. L’impact d’un enrichissement de la ration en cette vitamine n’a pas eu d’influence sur le niveau de production laitière, la concentration en cellules somatiques du lait, la teneur du colostrum en Ig G. En revanche, une supplémentation en vitamine E réduisait en moyenne de 6 % le taux de rétention placentaire avec un effet « race » (moins bonne réponse des vaches Holstein par rapport aux autres races). Les intervalles vêlage-1er œstrus et vêlage-IA fécondante, le nombre d’IA pour une fécondation réussie étaient également améliorés avec un effet de réponse corrélé à la dose administrée. (Moghimi-Kandelouzi et al, Journal of Dairy Science, 2020, 103 : 7, 6157-6166).

 

Plusieurs molécules AINS usuelles n’empêchent pas l’atteinte de la barrière épithéliale mammaire lors d’inflammation déclenchée par des lipopolysaccharides bactériens, mais contribuent significativement à la restauration rapide de l’intégrité de cette barrière : c’est la conclusion d’une étude réalisée in vitro par des physiologistes de l’Université de Berne (Suisse). Ces auteurs ont soumis des cultures de cellules épithéliales mammaires de vache à une inflammation provoquée par des lipopolysaccharides d’origine colibacillaire, ceci en présence ou non de concentrations actives (étudiées pour simuler les posologies AMM de ces molécules) de différents AINS (dont la flunixine méglumine, le méloxicam et le kétoprofène). L’atteinte de l’intégrité et de la viabilité des cellules épithéliales n’est pas modifiée dans un premier temps par l’addition des molécules anti-inflammatoires en présence des polysaccharides bactériens (avec même un effet amplificateur d’irritation tissulaire lors de surdosage de ces molécules) ; par contre, le retour à l’intégrité de la barrière épithéliale mammaire est rapide (maximum de 24 heures) grâce à l’action « régénératrice » de ces différents AINS. Il est probable que, dans le cadre d’un traitement des mammites en élevage, cet effet de « récupération » de l’intégrité du tissu épithélial mammaire favorise un retour à une composition « normale » du lait. (Sintes et al, Journal of Dairy Science, 2020, 103 : 11, 10742-10753).

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Comment gérer la qualité du lait à partir du mois d’avril 2021 ?


Dans plusieurs études, la qualité du lait est vue comme un cercle vertueux et la démarche GTE (Gestion Technico-Economique) proposée par EILYPS le confirme : en maîtrisant la qualité du lait, en particulier les taux cellulaires, les réformes ne sont plus subies, les besoins de renouvellement diminuent, ce qui permet d’adapter sa stratégie d’exploitation, d’augmenter les produits autres que le lait et de ne pas gaspiller sa génétique. Mais plus que tout, ce que les éleveurs, qui ont amélioré leur qualité du lait, rapportent, c’est le retour à la sérénité, le plaisir de traire, la satisfaction de livrer un produit de bonne qualité aux consommateurs…

Donc même si vous notez une baisse « brutale » de 20 à 25% des taux cellulaires de votre exploitation, ne relâchez pas la vigilance. Aujourd’hui on sait qu’une vache entre 150 000 cellules/mL et 300 000 cellules/mL a très probablement un quartier déjà infecté. Donc pour le pilotage du troupeau, on regarde plutôt le pourcentage de vaches inférieures à 150 000 cellules/mL. L’objectif actuel, pour être serein en qualité du lait, est d’avoir plus de 75% des contrôles inférieurs à 150 000 cellules/mL. Avec une baisse de 20% des valeurs cellulaires avec le nouvel étalon, il faudra donc être encore plus exigent sur l’observance de cet indicateur et viser plutôt un minimum de 80% de vaches inférieures à 150 000 cellules/mL.

Si vous souhaitez être accompagné sur cette thématique, n’hésitez pas à contacter votre conseiller ou l’équipe qualité du lait.



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Virus et cryptosporidies : impact sur santé et performances des veaux laitiers mâles


Les diarrhées néonatales constituent une pathologie courante et majeure du veau laitier. Elles conduisent souvent à un accroissement de la mortalité, un retard de croissance et, chez les femelles, à un effet défavorable sur l’âge au premier vêlage et sur la production laitière. Le rotavirus bovin (BRoV, groupes A et B selon le déterminant antigénique de la protéine interne de la capside VP6), le coronavirus bovin (BCoV) et les cryptosporidies (Cryptosporidium parvum) sont reconnus comme agents pathogènes majeurs dans l’étiologie de ces diarrhées : les risques d’infection par voie orofécale sont élevés durant le premier mois de vie du veau laitier.

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Le but de cette étude longitudinale réalisée à l’Université de Guelph (Canada) était d’investiguer l’impact de ces 3 catégories d’agents pathogènes sur la santé et les performances de veaux laitiers mâles, ainsi que leur prévalence en élevage. Ont été inclus dans le suivi, entre juin et octobre 2018, 198 veaux laitiers mâles provenant de différentes fermes laitières (3 à 7 jours d’âge) puis élevés dans la même structure d’élevage : en cases individuelles jusqu’au sevrage (56 jours de présence) puis en groupes de 5 jusque 77 jours avant transfert en unité d’engraissement.

Un suivi des diarrhées s’est déroulé d’une part via la notation de la consistance des fèces (28 premiers jours de présence), d’autre part par analyse de prélèvements de fèces à l’arrivée, à 7 et 14 jours de présence pour recherche des pathogènes évoqués (BRoV, BCoV, C. parvum). Enfin, les veaux étaient pesés à l’arrivée puis 14, 49, 56 et 77 jours après. Les veaux n’étaient pas vaccinés et ne recevaient aucun traitement métaphylactique à leur arrivée ; en cas de pathologie déclarée, une thérapeutique individuelle était envisagée (antibiotiques, AINS, fluidothérapie).

 

  • Sur la base des 3 dates de prélèvement fécal, au moins une analyse positive a été observée sur respectivement 85, 94, 2 et 57 % des veaux pour BCoV, BRoV A, BRoV B, C. parvum.
  • La positivité vis-à-vis de ces agents pathogènes était corrélée à l’origine des veaux et à la teneur du sérum en protéines totales.
  • Les veaux positifs vis-à-vis de C. parvum avaient une proportion accrue de jours avec diarrhée en général et avec diarrhée sévère. Ils avaient également un risque ultérieur d’être traités pour pathologie respiratoire. Enfin leur poids était diminué à 49, 56 et 77 jours.
  • Les veaux positifs au rotavirus bovin et au coronavirus bovin avaient un nombre augmenté de jours avec diarrhée sévère. La croissance était également diminuée suite à positivité au BCoV (à 56 et 77 jours de présence).
  • Sur la période d’étude, les veaux à diarrhée ont eu un retard de croissance pouvant représenter jusqu’à 15 kg de poids vif, en comparaison des veaux sains.
  • La mortalité des veaux s’est élevée à 30 % avec un délai moyen après arrivée dans l’élevage de 30,5 jours. Elle s’est répartie au niveau des causes entre les infections respiratoires (60 %) et la déshydratation en relation avec les diarrhées (40 %).

La prévalence du rotavirus bovin (groupes A et B), du coronavirus bovin et des cryptosporidies est importante chez les veaux laitiers mâles élevés dès le plus jeune âge dans des unités d’engraissement. Les conséquences des infections par ces agents pathogènes majeurs sont une plus forte incidence des diarrhées puis des infections respiratoires, ainsi qu’une diminution du gain pondéral.

GP-FR-NON-210400008



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