Mycotoxines des maïs ensilage en Bretagne : résultats du 1er Observatoire


Les ruminants sont beaucoup moins sensibles aux mycotoxines que les volailles ou les porcs, en particulier du fait d’une détoxification par les micro-organismes du rumen. Mais celle-ci est plus ou moins efficace, selon le type de mycotoxine, et l’état de santé du rumen.
Les problèmes constatés en élevages, qui peuvent faire penser à une forte contamination, sont les suivants :
– baisse de consommation des fourrages
– sous-production laitière
– bouses hétérogènes, diarrhées
– immunodépression : sensibilité aux infections, taux cellulaires élevés
– boiteries (fourbure)
– problèmes de reproduction : baisse de la fertilité, anoestrus ou cycles irréguliers, avortements

Tous ces symptômes sont peu spécifiques des mycotoxines : ils peuvent avoir d’autres origines, pour la plupart plus fréquentes que les mycotoxines. Avant la mise en place de traitements, d’autres pistes techniques doivent être explorées : l’équilibre de la ration, les quantités distribuées et accessibles, la qualité des fourrages, les transitions alimentaires, la gestion du parasitisme, la prévention sanitaire…

Ensuite, si les problèmes et les symptômes persistent, une analyse de la ration à l’auge ou des fourrages à risque peut être réalisée. Attention, l’échantillon envoyé au laboratoire devra bien être représentatif de ce qu’on analyse.

Les facteurs influençant le développement des mycotoxines au champ sont les variétés utilisées, le climat (humidité), les techniques culturales (semis direct) et les conditions de récolte.

Les ruminants sont beaucoup moins sensibles aux mycotoxines que les monogastriques. Les bovins résistent bien aux mycotoxines, du fait d’une détoxification ruminale (Bailly – ENVT Toulouse). 



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Producteurs laitiers : fixez votre cap GTE


Producteurs laitiers : fixez votre cap GTE

La GTE permet de suivre les indicateurs techniques et économiques de l’atelier lait tout au long de l’année. L’objectif est d’anticiper, avec réactivité, toutes vos décisions. Cela nécessite au préalable de fixer les objectifs à atteindre afin de définir de manière cohérente sa stratégie d’exploitation.

1. Identifiez vos objectifs d’éleveurs

En tant qu’éleveur, vous avez tous différents objectifs qui peuvent être classés en trois niveaux :

PERSONNEL

– Maîtriser le temps et la charge de travail

– savoir fixer des horaires

– concilier le temps professionnel et le temps personnel  

TECHNIQUE

– fixer le niveau de production à atteindre

– définir son système de production (intensif vs extensif, robot, bio…)

– diversifier ses produits

– améliorer la longévité et le potentiel des animaux (génétique, génotypage…) 

ECONOMIQUE

– pérenniser son exploitation

– dégager un bon revenu

– optimiser la rentabilité économique pour embaucher ou déléguer

– favoriser la transmissibilité 

2. Analysez vos facteurs de production

Pour produire à moindre coût, vous devez associer les facteurs de production et trouver la meilleure combinaison possible. Plus le coût de production est bas, plus le bénéfice sera important. Quelques exemples de facteurs de production :
Main d’oeuvre : associé, salarié, bénévole, entraide, délégation
Dimension économique : référence, autres ateliers de production…
Contexte pédoclimatique et surfacique : potentiel rendement, terres sèchantes vs hydromorphe, pluviométrie, accessibilité au pâturage, morcellement, proche habitation et cours d’eaux….
Bâtiments et équipement : taille du bâtiment, salle de traite ou robot, options d’équipements (racleurs, mélangeuse, pailleuse, tracteurs …)
Conformité règlementaire : capacité de stockage, autorisation effectif, pression environnementale, …

3. Définissez votre stratégie

Suivre une stratégie permet d’adapter ses pratiques techniques en cohérence avec son système pour une meilleure efficacité économique. Dès le départ, il est important de sélectionner ses indicateurs économiques de pilotage, fixer des objectifs et faire un point régulier. La GTE permet également de se comparer à son groupe de référence afin d’identifier plus rapidement les marges de progrès.

La GTE, c’est la recette gagnante pour améliorer vos marges, réduire vos coûts et optimiser durablement votre résultat.

 

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La Gestion Technico-Economique me permet de fixer un cap. Les indicateurs sont ma boussole et m’offrent une vision plus claire à l’instant T. Avec la GTE, nous suivons la Marge sur Coût alimentaire (MCA). Cet indicateur est le point de repère nouveau qui nous permet d’améliorer notre bilan.  

Anthony Thébert, GAEC Vie et Nature

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Contact : Arnaud Frin – consultant économie Système – Visiolys 

arnaud.frin@eilyps.fr

06 75 76 66 58

 

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Préparation sanitaire des broutards destinés à l’engraissement


Interbev finalise actuellement un cahier des charges visant à garantir la préparation des broutards destinés à l’engraissement en France mais aussi des les broutards destinés à l’export et notamment à l’Italie.
La rédaction de ce cahier des charges, qui s’inscrit dans le plan de filière viande bovine, a pour objectif de faciliter et d’encadrer la préparation sanitaire chez les éleveurs naisseurs, et en particulier la vaccination. Les objectifs sont relativement clairs pour l’interprofession : limiter le recours aux antibiotiques dans les ateliers d’engraissement, améliorer les performances techniques et conforter notre positionnement qualité du broutard français à l’export.

Les grandes lignes de ce nouveau cahier des charges ont été présentées lors de la conférence Grand Angle viande, organisée par l’Institut de l’élevage le 17 novembre. Il se veut être un socle interprofessionnel servant de référence. Ce cahier des charges permettra aussi d’assurer une sécurisation économique pour l’éleveur naisseur.

Plusieurs garanties seront apportées et notamment le fait que les broutards préparés auront été vaccinés contre les principaux agents infectieux rencontrés en engraissement (BRSV, Para Influenza 3 et Mannheimia haemolytica) et que cette vaccination permettra une couverture vaccinale garantie durant au moins 4 semaines après la sortie de l’élevage naisseur.
Les éleveurs auront le choix entre deux protocoles, soit une vaccination précoce (avant 4 mois avec un rappel 15 jours avant la vente), soit une vaccination tardive (1 mois à 15 jours avant le départ).

L’utilisation de ce cahier des charges, qui restera une démarche volontaire, reposera sur un porteur de démarche qui organise la commercialisation des broutards (organisation de producteurs commercial ou non, négociant…). Ce porteur de démarche aura pour mission de mettre en place la préparation chez les éleveurs naisseurs, de contrôler sa bonne réalisation et de s’assurer que le coût de la vaccination sera bien facturé par les éleveurs au premier acheteur sur une ligne de facturation spécifique. Des contrôles seront réalisés par un organisme tiers pour garantir la traçabilité de la préparation jusqu’à l’engraisseur.

Le cahier des charges est en cours de finalisation et devrait être disponible à partir du mois de janvier 2021.

GP-R- FR-NON-201100031



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Statut métabolique et production laitière chez des vaches atteintes de métrites


Le stress oxydatif dans la période péripartum est l’un des facteurs contribuant à l’augmentation de la sensibilité des vaches laitières à des troubles et maladies comme les mammites, métrites, œdèmes mammaires, rétentions placentaires. Les besoins métaboliques associés à la fin de gestation, au vêlage et au début de lactation contribuent à une production accrue de dérivés réactifs de l’oxygène qui sont connus pour provoquer une peroxydation lipidique à l’origine du stress oxydatif et des lésions tissulaires.

L’objectif principal de l’étude réalisée par une équipe tchèque était de déterminer la relation entre le stress oxydatif (et le statut oxydant/antioxydant) et l’apparition de métrite post-partum chez les vaches laitières. L’essai a concerné 21 vaches atteintes de métrite et 8 vaches saines d’un élevage laitier de Moravie (production laitière moyenne de 10.249 litres).

Des paramètres caractérisant le stress oxydatif (malondialdéhyde = MDA) et le statut antioxydant (glutathion peroxydase = GPx ; sélénium = Se ; vitamines A et E ; bétacarotène) ainsi que des paramètres métaboliques (bêta-hydroxybutyrate =BHB ; acides gras non estérifiés = AGNE ; calcium = Ca ; aspartate aminotransférase = AST ; bilirubine) ont été mesurés et comparés entre vaches à infection utérine et vaches saines.

La métrite était définie par un écoulement d’odeur nauséabonde, de couleur (gris « laiteux » / brun / sanguinolent) et de consistance variable (muco-purulent / purulent / aqueux) et par la présence d’une température élevée (> 38,5 °C) chez les vaches dans les 21 jours post-partum.

La production laitière a été enregistrée ainsi que la composition du lait, incluant les matières grasses, protéines, lactose, urée et cellules somatiques (CCS) chez les vaches des deux groupes, ceci sur le premier mois de lactation.

Les résultats ont été les suivants :

  • Des concentrations significativement plus élevées ont été mesurées chez les vaches à métrite en comparaison des vaches saines pour les paramètres suivants : MDA, BHB, AGNE, AST, bilirubine.
  • De plus faibles teneurs ont été mises en évidence chez les vaches infectées pour les vitamines A et E.
  • Par contre, aucune différence significative entre les 2 groupes n’a été observée pour les critères suivants : GPx, Se, bétacarotène, Ca et statut antioxydant global.
  • La production laitière a été significativement diminuée chez les vaches à métrite (33,4 versus 50,5 kg/jour) alors que le taux de matières grasses du lait a été augmenté. Sur les autres critères du lait, aucune différence significative n’a été relevée entre les 2 groupes, si ce n’est une tendance à un CCS plus élevé chez les vaches malades (97.000 versus 71.000 cellules/ml).

Chez les vaches atteintes de métrite en période post-partum, une hausse des teneurs sanguines en marqueurs du stress oxydatif et inversement une baisse des concentrations sériques en molécules antioxydantes ont été mises en évidence par rapport à des vaches saines. Le profil métabolique, dont notamment les critères en relation avec le statut énergétique et l’intégrité hépatique, a été également significativement modifié chez les vaches infectées. Enfin, la survenue d’infections utérines a entrainé une chute de la production laitière dans le premier mois de lactation, ainsi que la modification des teneurs en certains constituants du lait (matières grasses, cellules somatiques).

Résumé Publication “Evaluation of oxidant/antioxidant status, metabolic profile and milk production in cows with metritis.”

Mikulková K., Kadek R., Filípek J., Illek J.

Irish Veterinary Journal, 2020, 73: 8.

GP-R-FR-NON-201200015



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Facteurs de variation de la lipolyse du lait


La lipolyse du lait est une réaction d’hydrolyse de la matière grasse qui peut être à l’origine de défauts de qualité organoleptique et technologique des laits et des produits laitiers. Le degré de lipolyse dépend de l’animal, des facteurs d’élevage, du matériel de traite et de la présence éventuelle de bactéries psychotropes (mésophiles capables de se développer à basses températures). Les auteurs français (scientifiques de l’INRAE) ont réalisé une synthèse actualisée des facteurs de variation, des mécanismes biochimiques et des méthodes de mesure de la lipolyse du lait.

Trois types de lipolyse sont définis au préalable :

  • La lipolyse spontanée (LS) qui se produit consécutivement au refroidissement du lait, en l’absence de chocs mécaniques.
  • La lipolyse induite (LI) qui est provoquée par des chocs mécaniques et thermiques intervenant pendant la traite, le stockage et la transformation du lait.
  • La lipolyse microbienne (LM) qui résulte de l’action des enzymes microbiennes sur les globules gras du lait.

La publication fait le point sur les facteurs de variation des 2 premiers types de lipolyses cités ci-dessus.

Ainsi les facteurs de variation de la lipolyse spontanée sont :

  • Liés à l’animal : l’individu, le type génétique (exemple : Jersiaise et Normande moins « susceptibles « que la race Holstein), le stade physiologique (risque plus élevé en fin de lactation/gestation), la parité (plus forte LS sur les multipares en début de lactation, sur les primipares en milieu et fin de lactation).
  • Liés à la conduite de l’animal et à son environnement : le moment de la traite (LS plus importante le soir) et les intervalles entre traites, la fréquence des traites (la LS augmente avec cette fréquence), l’alimentation (LS plus faible au pâturage et plus élevée lors de restriction alimentaire ou de bilan énergétique négatif).

En ce qui concerne la lipolyse induite, elle peut être augmentée sur des laits déjà sensibles à la lipolyse spontanée. La LI est également favorisée par des altérations mécaniques lors de brassage, aération ou moussage du lait. Un écoulement instable dans le lactoduc peut être favorisant : coudes trop serrés, contrepentes ou remontées, … L’utilisation d’un robot de traite est plus à risque, par rapport à une traite conventionnelle, pour la LI (mais aussi pour la LS). L’agitation du lait peut également favoriser la LI, notamment lors de la 1ère traite après vidange du tank.

La LI peut aussi dépendre des variations thermiques. Un refroidissement lent, une augmentation de la durée de stockage, une succession augmentée de séquences de refroidissement-réchauffement sont des facteurs favorisant la LI. De manière générale, de fortes fluctuations de température augmentent le risque de LI.

La lipolyse fait partie des critères de paiement du lait. La limite à ne pas dépasser est fixée à 0,89 mEq/100 g MG. Hors problèmes sanitaires, dans les premières 48 h qui suivent la traite, la lipolyse mesurée dans le tank est le reflet de la combinaison entre les lipolyses spontanée et induite.

Lipolyse spontanée et lipolyse induite influencent les qualités organoleptiques et technologiques du lait et des produits laitiers. Leurs facteurs de variation sont inhérents à des critères liés à l’individu, à la zootechnie et à l’environnement, aux conditions et au matériel de traite. Selon les systèmes d’élevage, plusieurs leviers sont donc disponibles pour minimiser la lipolyse : sélection de vaches « non sensibles », ration équilibrée, tarissement à 6/7 mois de gestation, entretien régulier des installations de traite.

Résumé Publication “Le point sur la lipolyse du lait de vache : facteurs de variation et mécanismes biochimiques.”

Vanbergue E., Poulet J-L, Peyraud J-L, Hurtaud C.
INRAE Productions animals, 2020, 33 (1), 41-52.

GP-R-FR-NON-201200015



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Brèves de traite – décembre 2020


ECONOMIE : impact économique d’un allongement de la durée de lactation

L’effet d’une stratégie d’allongement de la durée de lactation sur la productivité du troupeau, les résultats économiques de l’élevage et l’émission de gaz à effet de serre dépend de la durée d’extension, de l’âge et de la proportion de vaches concernées par cette stratégie. Cette étude danoise a comparé par la modélisation de différentes durées de lactation, à travers des intervalles entre vêlages (IVV) de 15 et 17 mois (versus témoin de 13 mois), sur l’ensemble des vaches d’un troupeau, ou bien seulement sur les primipares ou multipares. Les différentes stratégies d’allongement de la lactation réduisent la production laitière annuelle et la consommation globale d’aliment respectivement de 4 et 7 %, mais avec un accroissement de la quantité de lait par kg de MS alimentaire de 3,5 %. Le taux de renouvellement est réduit de 14 %. Mis à part l’application de cette stratégie aux seules primipares, qui a très peu d’impact économique, toutes les autres formes d’extension de la durée de lactation diminuent la marge sur coûts variables (CA – coûts variables) par vache de 3 %. Enfin ces mêmes stratégies entrainent une diminution de 8 % de l’émission de gaz par vache et par an. En conclusion, conduire son troupeau laitier avec une stratégie d’allongement de la durée de lactation de 2 à 4 mois peut être économiquement viable, si le producteur est capable de réaliser des économies (évolution du parc bâtiment) ou des gains (mieux rentabiliser les cultures) dans son élevage. (Lehmann et al, Livestock Science, 2018, 220 : 100-110).

REPRODUCTION : traite robotisée et performances de reproduction

Les résultats de fertilité sont globalement meilleurs chez des vaches laitières Holstein traites de manière automatique (robot) par rapport à celles traites de manière conventionnelle. Les auteurs polonais ont suivi sur une période de 3 ans 16 élevages laitiers (vaches de race Holstein) qui sont passés d’une traite conventionnelle à une traite robotisée, équipés par ailleurs d’un outil de détection des chaleurs. Les performances de reproduction ont été enregistrées sur les 2 premières lactations et comparées entre les 2 types de traite. La transition vers le robot de traite a permis d’améliorer l’intervalle IA1-IA fécondante (15 versus 22 jours) sur les vaches primipares, le nombre d’IA pour obtenir une gestation (1,79 versus 2,01) et l’âge au vêlage (1.226 versus 1.244 jours) pour les vaches en deuxième lactation. Seul l’intervalle vêlage-IA fécondante n’a pas été amélioré sur cette dernière catégorie de vaches (144 versus 143 jours). Ces meilleures performances de reproduction en traite robotisée s’expliquent notamment par un bien-être amélioré des vaches résultant en une plus grande liberté de mouvement, un accès facilité au robot de traite, un enregistrement plus précis de l’activité des animaux. (Piwczyński et al, Livestock Science, 2020, 240 : 104140).

MAMMITES : épidémiologie des mammites cliniques à Klebsiellapneumoniae 

Les épisodes de mammites cliniques à Klebsiella pneumoniae peuvent être causés par des souches bactériennes variables sur le plan génétique. Mais, lorsque l’infection mammaire persiste, c’est souvent la même souche qui est isolée dans la glande mammaire jusque 28 jours après l’infection. Des cas de mammites cliniques modérées ont été enregistrés dans 2 élevages du Wisconsin (USA) et du lait provenant de ces infections mammaires à Klebsiella pneumoniae a été prélevé à partir des quartiers infectés sur une période allant jusque 28 jours après le début de l’infection. Les vaches étaient divisées en 3 groupes : 2 recevaient un traitement antibiotique intramammaire de 2 ou 8 jours, le 3ème groupe était « témoin négatif ». Toutes les souches bactériennes ont été caractérisées grâce à une méthode d’électrophorèse en champ pulsé, le seuil de 90% étant retenu afin de définir l’homologie entre souches isolées. Au total, 41 souches différentes ont été isolées dans les 2 élevages (respectivement 22 et 19). Ces souches étaient très diverses sur le plan génétique. C’est seulement lors de mammite persistante ou de réinfection sur la même vache qu’ont été retrouvées des isolats de même génotype, sur la base de prélèvements réalisés 14, 21 et 28 jours après le début de l’infection.  (Fuenzalida et Ruegg, Journal of Dairy Science, 2020, 103, 4 : 3479-3492).

ANTIBIORESISTANCE : 1ère description d’un clone d’E. coli mammaire à BLSE et mcr-1

Cette publication met en avant la première description de la circulation en élevage laitier d’un clone d’Escherichia coli caractérisé par la présence de gènes « béta-lactamases à spectre étendu » (BLSE) et d’un gène de résistance à la colistine (mcr-1), à l’origine d’infections intramammaires.  Une équipe scientifique grecque a systématiquement recherché dans des prélèvements de lait issus de vaches à historique de mammites colibacillaires la présence de souches d’E. coli à gènes BLSE (béta-lactamases à spectre étendu, responsables d’une résistance à de nombreuses bêtalactamines). Au total, 400 vaches issues de 23 élevages laitiers étaient concernées par l’étude. La sensibilité des isolats aux antibiotiques était évaluée par la méthode de diffusion sur gélose et les CMI vis-à-vis de la colistine ont été déterminées par microdilution en bouillon.  Des tests PCR étaient ensuite réalisés pour caractériser les gènes BLSE et mcr-1 (qui est un gène de résistance à la colistine décrit également chez l’homme). Au total, 89 souches de colibacilles (22%) ont été isolées dans 12 élevages (52%). Six souches, isolées à partir de 6 vaches, étaient porteuses du gène BLSE et appartenaient au phylogroupe A 5type ST66 : elles étaient également positives au gène mcr-1 de résistance à la colistine. Des études complémentaires sont nécessaires afin d’évaluer la prévalence de ce type de souches colibacillaires, notamment pour le gène mcr-1, jamais isolé auparavant sur des isolats d’E. coli d’origine mammaire. (Filioussis et al, Journal of Dairy Science, 2019, 103, 1 : 852-857).

TRAITE : hygiène de la traite et présence de spores dans le lait cru

Une hygiène stricte des extrémités des trayons peut réduire jusqu’à 40 pour cent le nombre de spores mésophiles et thermophiles dans le lait cru de tank. Les bactéries sporulantes (comme Paenibacillus spp. et Bacillus spp.) survivent facilement à la pasteurisation (haute température / courte durée) et peuvent ensuite affecter la qualité des produits laitiers tels que le lait liquide et les poudres de lait. Ces spores se retrouvent souvent en grand nombre dans la litière et le fumier des vaches. Des recherches antérieures montrent que l’hygiène des vaches est importante pour empêcher les spores d’atteindre le tank. L’étude conduite par l’Université de Cornell (USA) a été menée dans 5 élevages laitiers pendant 15 mois. Deux procédures sanitaires ont été appliquées : amélioration de l’hygiène de la mamelle en phase de préparation à la traite en formant le personnel de traite à mieux nettoyer et désinfecter les trayons ; mise en œuvre de changements dans le lavage des lavettes individuelles (utilisation de détergent, d’eau de Javel et de séchage). Un total de 355 échantillons de lait cru de tank a été prélevé avant et après la réalisation de ces interventions. Le nombre de spores mésophiles a ainsi chuté de 37% et le nombre de spores thermophiles de 40%. Surtout, des réductions de spores ont été observées au cours de chacune des 3 visites consécutives à la mise en œuvre des mesures, et la plus grande réduction de spores a été enregistrée pour le premier prélèvement qui suivait la formation du personnel de traite.(Evanowski et al, Journal of Dairy Science, 2020, 103, 5 : 4088-4099).

DIAGNOSTIC : le sérum amyloïde A, marqueur des infections mammaires à Streptocoques ?

La concentration en sérum amyloïde A (SAA) dans le lait est significativement plus élevée chez les vaches atteintes de mammites à streptocoques en comparaison de vaches saines, alors qu’aucune différence n’est observée entre vaches saines et infectées pour ce qui est de la concentration de SAA dans le sérum. C’est la conclusion de travaux menés par l’Université de Lublin (Pologne) à partir de 80 échantillons de lait et de sérum provenant de 30 vaches Holstein atteintes de mammite, auxquelles ont été ajoutées 10 vaches saines « témoins ». Les souches de streptocoques isolées à partir de lait de quartiers infectés se répartissaient de la manière suivante : Streptococcus agalactiae (7 isolats), Streptococcus dysgalactiae (9 isolats), Streptococcus uberis (14 isolats). La présente étude indique que la concentration de SAA était significativement plus élevée dans le lait des vaches atteintes de mammite par rapport aux vaches témoins (1134,25 ng/ml versus 324,50 ng/ml). La concentration la plus élevée de SAA a été mesurée dans le lait de vaches atteintes de mammite causée par Streptococcus agalactiae et Streptococcus uberis (respectivement 3882,50 ng/ml et 2587,75 ng/ml versus 812,00 ng/ml pour Streptococcus dysgalactiae). Aucune différence statistiquement significative n’a été mise en évidence pour la concentration sérique de SAA entre les vaches à mammite et les témoins (respectivement 2140,00 ng/ml et 2510,00 ng/ml). Enfin, Il n’y avait pas non plus de différence statistiquement significative entre le taux de SAA dans le sérum et dans le lait des vaches atteintes de mammite induite soit par Streptococcus agalactiae, soit par Streptococcus uberis. (Bochniarz et al, Comparative Immunology, Microbiology and Infectious Diseases, 72 : 101498).

VEAU LAITIER : immunité colostrale et prévention de la cryptosporidiose

La concentration en IgG spécifiques contre Cryptosporidium parvum dans le colostrum distribué aux veaux le premier jour de vie est importante dans la prévention des infections à Cryptosporidium parvum. L’objectif de cette étude réalisée dans 5 élevages laitiers (vaches de race Holstein) du nord de la Grèce était de vérifier si le niveau d’anticorps dirigés contre C. parvum dans le colostrum avait une influence sur la sensibilité du veau à cette infection. Au total, 50 vaches et leurs veaux ont été inclus dans l’étude. Les prélèvements de colostrum étaient réalisés 12 heures après le vêlage et les teneurs en anticorps (IgG) spécifiques de C. parvum du colostrum étaient déterminées par immunodiffusion radiale simple. L’état de santé des veaux était enregistré tous les jours et des prélèvements de fèces étaient effectués au premier épisode diarrhéique du veau. Pour toutes les vaches, la concentration du colostrum en anticorps anti- C. parvum a varié de 5,7 à 40,7 g/l ; pour celles ayant donné naissance à des veaux atteints de diarrhée à C. parvum, cette concentration s’est échelonnée entre 6,8 et 36,8 g/l. Une corrélation négative significative a été trouvée entre les niveaux d’anticorps anti- C. parvum et les manifestations cliniques de la cryptosporidiose sur les veaux laitiers. (Lefkatidis et al, Preventive Veterinary Medicine, 2020, 176 : 104904).

 LOCOMOTION : facteurs de risque de boiteries sur les vaches au pâturage

Il existe de nombreux facteurs de risques, tant au niveau de l’animal qu’à l’échelle du troupeau, associés à une mobilité suboptimale pour les vaches laitières dans les systèmes d’élevage basés sur le pâturage. L’étude a été réalisée en Irlande en exploitant la base de données nationale d’élevages laitiers (vaches majoritairement de race Holstein), sur l’année 2015 (soit un total d’environ 11.000 animaux). Des données sanitaires, portant notamment sur la locomotion, ont été utilisées grâce au système de notation de la mobilité des vaches (de 0 à 3, à savoir d’une bonne mobilité à une mobilité très diminuée). La recherche de facteurs de risques d’une atteinte de la mobilité des vaches a été effectuée à l’aide de modèles statistiques combinant les niveaux liés à la vache et ceux liés au troupeau. Les facteurs de risques significatifs d’une atteinte de la mobilité des vaches ont été :

  • Au niveau de l’individu : un état corporel insuffisant, un niveau élevé de production laitière, un taux élevé de cellules somatiques dans le lait, le stade de lactation (≥ 60 jours), le mois de vêlage (février/mars) et la race (Holstein > Jersiaise).
  • Au niveau du troupeau : la durée de la traite (≥ 90 minutes), la non formation du personnel au parage des pieds, l’absence d’utilisation de pédiluves, l’attente de la dernière vache traite pour le retour du troupeau en pâture.

Tous ces facteurs sont à prendre en considération dans la gestion d’un troupeau laitier en système majoritairement en pâture. (O’Connor et al, Preventive Veterinary Medicine, 2020, 181 : 105077).

GP-R-FR-NON-201200015



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Infection mammaire persistante ou nouvelle infection de la mamelle ?


La mammite clinique dite « récurrente » (selon la terminologie anglo-saxonne) contribue à environ la moitié de toutes les infections ayant un impact économique dans l’industrie laitière : elle peut être causée par une nouvelle infection de la mamelle ou bien par une infection persistante faisant suite à un traitement antérieur.  Elle entraîne une réduction de la production laitière, un risque accru de mortalité et de réforme.

Ces deux types d’infection (persistante ou nouvelle) conduisant à une mammite récurrente ne peuvent clairement être distingués par les méthodes de diagnostic « standard » ; pourtant les stratégies de contrôle diffèrent considérablement selon la nature de l’infection.

L’échec thérapeutique est souvent à l’origine de l’infection mammaire persistante ; la gestion de celle-ci passe par :

  • la réalisation d’un antibiogramme,
  • une adaptation du traitement initial (posologie, …),
  • une thérapie additionnelle ou la réforme de la vache.

Une nouvelle infection mammaire peut être provoquée par la même souche que celle à l’origine de la première infection, ou bien au contraire par une souche différente ; dans ce dernier cas, il y aura donc eu guérison bactériologique de la mammite précédente. Ce sont des mesures globales d’hygiène de l’animal et de l’environnement qui doivent être appliquées pour éviter une nouvelle infection.

L’objectif principal de cette publication est d’étudier la présence et la distribution des agents pathogènes dans les cas de mammites persistantes ou de nouvelles infections mammaires.

La caractérisation des isolats bactériens est réalisée lors du premier cas d’infection mammaire (bactériologie sur gélose au sang et à l’esculine), puis lors des mammites suivantes, ceci à l’échelle de la vache et du quartier. Quand l’espèce bactérienne se révèle être la même lors du premier cas d’infection mammaire puis des épisodes suivants, un test d’amplification génique (RAPD PCR) est réalisé afin de comparer les isolats bactériens.

Des prélèvements de lait provenant de cas cliniques de mammite ont été recueillis dans trois élevages laitiers du nord de l’Allemagne entre 2011 et 2015. Au total, 2043 cas d’infection mammaire diagnostiqués ont été examinés à l’échelle du quartier : 1598 (78,2%) concernaient une première mammite et 445 (21,8%) des mammites récurrentes. Parmi les infections récurrentes, 145 (32,6%) avaient pour origine la même espèce bactérienne que les premières infections. Le test RAPD PCR a confirmé que l’on mettait en évidence le même isolat bactérien dans 49 cas (11%) des infections récurrentes.

Concernant les espèces bactériennes isolées, Streptococcus uberis était le pathogène le plus fréquent, suivi de E. coli, Staphylococcus aureus, les Staphylocoques « coagulase negative » (SCN), Streptococcus dysgalacties, les autres coliformes ; Trueperella pyogenes était le pathogène mammaire le moins isolé. Les fréquences de récurrence et de persistance variaient selon les espèces bactériennes. Ainsi, pour Streptococcus uberis, la récurrence infectieuse était fréquente (sans doute à cause d’une origine essentiellement environnementale), mais la persistance dans la mamelle était faible. Pour Staphylococcus aureus, les taux de récurrence et de persistance étaient élevés. Les plus fortes fréquences de récurrence et persistance ont été observées respectivement pour S. aureus et T. pyogenes.

L’étude présente conduite dans des élevages laitiers allemands a montré qu’environ un tiers des infections mammaires récurrentes (au cours de la même lactation) étaient dues à la même espèce bactérienne, et à la même souche bactérienne dans 11% des cas. Persistance et récurrence des infections mammaires varient selon l’espèce bactérienne. Ainsi, Streptococcus uberis, pathogène mammaire le plus souvent isolé dans cette étude, a une fréquence élevée de récurrence, mais faible pour la persistance. Une meilleure prévention des réinfections et une optimisation des traitements est nécessaire pour un contrôle efficace des mammites cliniques récurrentes.

Résumé Publication “Recurrent mastitis–persistent or new infections?”.

Wente N., Griegera A.S., Klockea D., Paduchc J.H., Zhanga Y., Leimbacha S., tho Seetha M.,

Mansion-De Vriesa E.M., Mohrb E., Krömkere V.

Veterinary Microbiology, 2020, 244: 108682.

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Collecte française : en recul depuis octobre


Après avoir alterné les phases de croissance et de décroissance d’une année sur l’autre au cours de l’été, se manifestant au final par une hausse de +1% sur le 3ème trimestre à 5,8 millions de tonnes, la collecte laitière semble avoir pris une orientation baissière plus marquée à l’entame du dernier trimestre 2020.

Elle aurait reculé de -0,8% /2019 en octobre, à 1,954 million de tonnes selon l’enquête mensuelle laitière. Ce repli aurait été accentué en novembre à -1,3% /2019 d’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer. En cumul de janvier à octobre, la collecte française demeure toutefois modestement croissante (+0,3% effet bissextile décompté).

collecte_lait_française_dec_2020

Si les conditions météorologiques peuvent expliquer une partie de la baisse de collecte (temps relativement frais et agité en octobre avec également la tempête Alex, puis temps plus doux mais sec sur novembre), le recul du cheptel de vaches laitières apparait comme le principal facteur explicatif.

D’une année sur l’autre, l’effectif national de vaches laitières présentes dans les élevages laitiers a reculé de -2% au 1er octobre et au 1er novembre, soit un rythme double de la tendance de ces dernières années, avant qu’un 1er décrochage ne soit déjà constaté à partir d’octobre 2019 (-50 000 têtes /octobre 2018) et continue de s’amplifier tout au long de 2020.

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Prix du lait : stabilité


Entre août et octobre, le prix du lait standard 38/32 (moyenne nationale toutes qualités confondues) a peu varié, passant de 352,37 à 352,66 €/1 000 l, avec un pic en septembre à 354,33€/1 000 l. Il demeure donc au-dessus des 350 €/ 1 000 l, mais demeure inférieur à son niveau de 2019 (-4 € soit -1,1% /2019), mais l’écart est bien moindre qu‘en juillet (-10 €, soit -2,7%).

Chez nombre de nos voisins européens, les prix, après avoir reculé en milieu de 1er semestre, continuent de se redresser. Ainsi, le prix du lait allemand, à 320 €/1 000 l au standard 38/32 en septembre, a poursuivi son redressement entamé en juillet (306 €). Il n’est plus que 2 € sous son niveau de l’an passé (-1%) contre un écart de -18 € en juin (-6%).

Il en est de même en Irlande, où le prix a gagné 28 €/1 000 l entre avril et septembre pour afficher 322€ et repasser au-dessus de son niveau de 2019 (+6%).

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Marchés des produits laitiers : bonne tenue des cours


En cette fin d’année 2020, les marchés laitiers résistent à la crise sanitaire apparue il y a près de 10 mois. L’optimisme semble même de mise en Nouvelle-Zélande. Les enchères de Fonterra ont enregistré trois hausses consécutives et la coopérative néozélandaise a, début décembre, revu à la hausse sa fourchette de prix pour la campagne en cours, compte tenu de la bonne tenue des achats chinois.

Pourtant de nombreuses interrogations pèsent sur la poursuite de cette tendance. Les mesures de confinement, en Europe comme aux États-Unis, qui impactent la consommation, évoluent en fonction d’une situation sanitaire très aléatoire et imprévisible. Face à une production laitière en hausse, notamment aux États-Unis alors qu’elle marque le pas en Océanie, le salut devrait donc venir de l’exportation vers les bassins déficitaires, en Asie et au Moyen-Orient. Mais la situation économique mondiale devient préoccupante et les acheteurs rechignent à se couvrir sur le long terme.

Tendance de marché pour les poudres maigres

Avec des fabrications haussières dans les principaux pays producteurs, les cours de la poudre maigre ont été orientés à la baisse en novembre, reperdant une partie de la hausse enregistrée en octobre. Mais les stocks demeurent bas et devraient soutenir les cours. Le cours du beurre est relativement stable en Europe depuis 3 mois, oscillant entre 3 460 et 3 480 €/t (-4% /2019), mais il se situe depuis bien au-dessus de celui de son concurrent néo-zélandais. Le marché du beurre demeure lourd aux États-Unis, avec une production laitière et des fabrications en hausse.

Cours des fromages

Les cours des fromages sont restés fermes en Europe. Les évolutions sont plus contrastées chez les autres grands producteurs. Aux États-Unis, le cours du cheddar poursuit sa forte volatilité. Il a atteint un nouveau pic en octobre qui a fini par freiner les acheteurs, et le cours a de nouveau chuté en octobre. En Nouvelle-Zélande, après 3 mois de hausse du cours du cheddar, les acheteurs semblent être revenus aux achats.

Le marché du lactosérum en poudre reste ferme et les cours sont orientés à la hausse, tirés par le marché chinois.

cours_marche_laitier_dec_2020

GP-R-FR-NON-201200037



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