Mammites à SCN d’origine fécale


Les Staphylocoques « coagulase-negative » (SCN), appelées aussi « non-aureus staphylococci » (NAS), constituent un groupe hétérogène de bactéries fréquemment identifiées dans des prélèvements de lait à travers le monde. Ce sont des germes qui peuvent coloniser, chez les vaches laitières en lactation ou taries, certaines parties du trayon (apex, canal, peau), mais aussi d’autres parties du corps (périnée, partie inguinale). Diverses espèces colonisant l’extrémité du trayon représentent une cause potentielle d’infections intramammaires : S. chromogenes, S. equorum, et S. haemolyticus.

La présence de SCN dans les fèces de bovins a été récemment décrite. Comme c’est le cas pour d’autres germes responsables de mammites, l’excrétion de SCN dans l’environnement peut induire des infections intramammaires. A ce jour, le lien entre la présence de SCN dans les fèces ou sur l’apex du trayon et l’apparition de mammites n’a pas été étudiée d’après une approche de typage de souches.

Objectif de l’étude sur les mammites à SCN d’origine fécale

L’objectif de cette étude menée par la Faculté Vétérinaire de Gand (Belgique) a été d’investiguer si des souches de SCN présentes dans les fèces de bovins peut être à l’origine d’infections intramammaires, via une colonisation de la partie apicale du trayon.

Un suivi a été réalisée sur 5 élevages laitiers des Flandres (taille moyenne = 75 vaches ; production laitière annuelle moyenne = 9.304 kg ; CCS moyen = 106.000 cellules/ml), sur une année (mars 2017 à mars 2018).

Des prélèvements ont été réalisés à différents niveaux :

  • lait de quartier (25 % des vaches),
  • fèces au niveau rectal (25 % des vaches),
  • écouvillons de l’apex du trayon (10 % des vaches).

Une même vache ne pouvait être soumise qu’à un seul type de prélèvement. Après isolement des bactéries sur culture, une méthode PCR (« random amplification of polymorphic DNA polymerase chain reaction » = RAPD-PCR) a été réalisée pour identifier une des 6 espèces les plus fréquentes de SCN : S. chromogenes, S. cohnii, S. devriesei, S. equorum, S. haemolyticus et S. hominis.

Les résultats de l’étude portant sur les mammites à SCN d’origine fécale

Les résultats de cette vaste étude épidémiologique concernant les bactéries SCN ont été les suivants :

  • Les auteurs ont obtenu 1.228 isolats avec la répartition suivante : 365 à partir de laits de quartier,  830 à partir des écouvillons (apex des trayons) et 33 à partir de prélèvements de fèces au niveau rectal.
  • Neuf espèces de SCN étaient présentes sur les 3 lieux de prélèvement au sein d’un même élevage : S. arlettae, S. auricularis, S. chromogenes, S. cohnii, S. devriesei, S. equorum, S. haemolyticus, S. hominis et S. vitulinus.
  • Les autres espèces de SCN n’ont été isolées que sur un seul lieu de prélèvement : S. hyicus et S. warneri (lait de quartier) ; S. agnetis, S. kloosii, S. pettenkoferi et S. rostri (apex des trayons). Aucune des espèces n’était seulement présente sur les prélèvements de fèces.
  • Au total, 194 isolats de SCN (70 à partir du lait, 103 à partir des apex de trayons et 21 à partir des fèces) appartenant aux espèces S. chromogenes, S. cohnii, S. devriesei, S. equorum, S. haemolyticus et S. hominis ont été sélectionnés pour le test RAPD-PCR.
  • Pour S. chromogenes, S. cohnii, S. devriesei et S. haemolyticus, le même profil RAPD-PCR a été trouvé pour les 3 différents lieux de prélèvement (lait, fèces, apex de trayon), indiquant que des souches fécales de SCN peuvent infecter la glande mammaire.
  • Par contre, pour S. hominis et S. equorum, il n’a pas été possible de confirmer la présence de mêmes profils typologiques en RAPD-PCR pour les 3 lieux prélevés.

C’est la première étude investiguant l’hypothèse que des souches de Staphylocoques « coagulase-negative » d’origine fécale puissent être à l’origine d’infections intramammaires chez la vache laitière, sur la base d’un suivi et typage d’isolats bactériens à l’aide d’une méthode PCR. Cette voie de contamination « entéro-mammaire » a été démontrée pour les 3 espèces suivantes de SCN : S. chromogenes, S. devriesei, et S. haemolyticus. Il resterait à explorer en complément l’hypothèse d’un transfert de ces bactéries à partir du tube digestif vers la glande mammaire par la circulation interne (voie sanguine ou lymphatique).

Résumé Publication “Fecal non‑aureus Staphylococci are a potential cause of bovine intramammary infection.”

Wuytack A., De Visscher A., Piepers S., Haesebrouck F., De Vliegher S.

Veterinary Research. 2020, 51:32.

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Facteurs de risques d’épisodes respiratoires aigus chez les veaux d’élevage


Les infections du tractus respiratoire et leur implication clinique (bronchopneumonies infectieuses enzootiques) sont une pathologie majeure du veau d’élevage et induisent notamment une prescription accrue d’antibiotiques.

Ce complexe respiratoire est bien documenté à certains stades de la vie des bovins d’élevage, notamment chez les veaux de boucherie et les jeunes bovins à l’engraissement (« feedlots » en Amérique du Nord). Par contre, il y a peu de publications sur les épisodes respiratoires aigus en hiver, dans nos conditions de production (Europe) et dans des élevages conventionnels représentatifs des productions de lait et de viande (taille moyenne, origine familiale).

Objectif de l’étude sur les facteurs de risques d’épisodes respiratoires aigus chez les veaux d’élevage

L’objectif de cette étude menée par une équipe belge a été d’identifier des facteurs de risques spécifiques des principaux agents pathogènes associés à des épisodes respiratoires aigus sur des veaux en élevage laitier, à viande ou mixte.

L’étude s’est déroulée sur 2 saisons hivernales consécutives (septembre 2016 à janvier 2018). Les épisodes respiratoires aigus sur veaux devaient concerner un minimum de 15 % d’animaux malades en l’espace d’une semaine dans l’élevage, avec les symptômes suivants :

  • toux,
  • jetage nasal,
  • polypnée,
  • fièvre et apathie.

Par élevage, 5 veaux malades étaient prélevés à l’aide d’un lavage bronchoalvéolaire pour récupérer du liquide bronchique. Puis les prélèvements étaient « poolés », analysés par PCR sur 7 agents pathogènes respiratoires majeurs (3 virus, 4 bactéries).

Les résultats de l’étude portant sur les facteurs de risques d’épisodes respiratoires aigus chez les veaux d’élevage

Les principaux enseignements de cette étude épidémiologique ont été :

  • Les élevages concernés par l’étude étaient majoritairement laitiers : 23 % laitier pur (Holstein), 45 % mixte à prédominance laitière, 32 % viande seulement (dont les 2/3 avec une séparation des veaux de leurs mères peu après la naissance).
  • Les épisodes respiratoires étaient à caractère épidémique pour un tiers des élevages, enzootique pour 2/3 des élevages. Au moment des interventions, la proportion moyenne de veaux malades dans les élevages était de 44 %. La majorité des épisodes ont eu lieu entre octobre et mars.
  • Des infections virales uniques et multiples ont été détectées dans 58,6% et 13,3% des épisodes respectivement. Le coronavirus bovin (BCV) était le virus le plus fréquemment isolé (38,4%), suivi du virus respiratoire syncytial bovin (bRSV; 29,4%) et du Parainfluenzavirus de type 3 (PI-3; 8,1%).
  • Pour les bactéries, Mycoplasma bovis, Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida et Histophilus somni ont été détectées respectivement dans 33,3, 41,2, 89,1 et 36,4% des troupeaux. Dans 96 % des élevages avec infection virale, on a retrouvé au moins une bactérie pathogène présente.
  • Il n’y avait pas de différence significative dans les taux de détection entre les types d’élevage (lait, viande, mixte) et entre la nature des épisodes (épizootiques ou enzootiques).
  • Les facteurs de risques significatifs de la détection du coronavirus bovin (BCV) ont été : la détection de M. haemolytica, la taille d’élevage croissante et la détection du BCV dans les fèces des veaux l’année précédente.
  • Les facteurs de risques mis en avant dans la détection du bRSV ont été :  la saison (hiver > automne), la détection du virus PI-3, la prévalence de veaux avec signes respiratoires, le nombre de jours avec troubles respiratoires avant prélèvement.
  • En sus de son association avec le BCV, Mannheimia haemolytica était plus fréquemment détectée dans les cases de 5 à 10 veaux (versus cases < 5 veaux), dans les élevages ayant de la sciure de bois en litière.

Les infections virales jouent un rôle important dans les épisodes respiratoires aigus des veaux d’élevage. Une saisonnalité très nette est observée dans le cas de l’infection par le virus respiratoire syncytial bovin, avec une prédominance hivernale. Le coronavirus a été le virus le plus fréquemment isolé et était significativement associé à Mannheimia haemolytica, ce qui suggère une interaction potentielle entre les 2 agents pathogènes. La mise en évidence de facteurs de risques spécifiques à chaque bactérie ou virus peut permettre d’adapter les mesures de traitement et de contrôle au sens large de ces infections respiratoires.

Résumé Publication “Pathogen-specific risk factors in acute outbreaks of respiratory disease in calves.

Pardon B., Callens J., Maris J., Allais L., Van Praet W., Deprez P., Ribbens S.

Journal of Dairy Science. 2020, 103: 2556–2566.

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DÉLEG’GÉNISSE : 5 ans déjà et toujours plus de demandes


DÉLEG’GÉNISSE : 5 ans déjà et toujours plus de demandes

Lancé en janvier 2015, le service Délég’Génisse connait un essor croissant. En 2019, ce sont 750 génisses qui sont parties chez 9 éleveurs dont 1 spécialisé en agriculture biologique.
Au 30/09/2020, Délég’Génisse c’est un total de 3800 génisses (dont 750 en bio) élevées par le service depuis sa crétation.

Nous recherchons des éleveurs

La délégation du renouvellement se développe pour des questions d’organisation de travail, d’augmentation de  la production laitière ou de normes environnementales.

Nous sommes régulièrement sollicités par de nouveaux naisseurs et nous 
recherchons des éleveurs pour couvrir l’ensemble des demandes, autant en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique.

Des résultats techniques au rendez-vous

Avec un âge moyen au vêlage 24.1 mois, c’est un gain de 5 mois sur la moyenne des producteurs laitiers. En agriculture biologique, les 400 premières génisses ont vêlées à 27.6 mois.

C’est un gain financier pour le naisseur qui permet d’apporter des garanties de rentabilité aux éleveurs de génisses.

La rigueur apportée au travers du règlement technique, sanitaire et financier, a conditionné cette réussite. Sur 2020, une application web entre les éleveurs et les naisseurs leur permet de suivre les croissances, les états physiologiques et les différents événements techniques des génisses.

La délégation s’adresse aux agriculteurs en système conventionnel comme en agriculture biologique.

CONTACT :
> Laurent LOMMERT – 06.88.84.24.34 
> Martine VERGER – 06.88.84.24.34

CONTACT mail : 
deleggenisse@eilyps.fr

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Pertes économiques liées aux mammites en élevage bovin laitier


Le contexte de l’étude des pertes économiques liées aux mammites en élevage bovin laitier

L’estimation du coût des mammites de la vache laitière varie selon :

  • les études publiées, particulièrement en fonction de l’étiologie,
  • du degré d’atteinte clinique, des types de pertes intégrées dans le coût,
  • des niveaux de prix et des méthodes d’évaluation économique.

En tant que pathologie la plus fréquente en élevage laitier, les mammites induisent des coûts et des pertes d’exploitation, du fait :

  • des analyses bactériologiques (identification de la ou des bactéries responsables, antibiogramme),
  • cytologiques (comptage cellulaire dans le lait) à réaliser pour poser le diagnostic,
  • des traitements antibiotiques et autres,
  • du surcroît de travail pour l’éleveur,
  • de la destruction du lait pendant la durée de la maladie et après le traitement,
  • de l’abattage éventuel de l’animal, …

Les auteurs français (équipes de recherche de Toulouse) ont réalisé une méta-analyse d’articles en langue anglaise étudiant les pertes économiques liées à des mammites bovines, publiés jusqu’en juin 2019 dans trois bases (PubMed, ISI Web of Science, Google Scholar). À partir d’un total initial de 1.566 articles, ils en ont sélectionné seulement 9, représentant 82 observations. Dans les critères d’inclusion d’un article, figurait notamment la possibilité de distinguer les résultats de mammites cliniques de ceux relatifs aux mammites subcliniques.

Les résultats de l’étude sur l’impact économique de la mammite

Les résultats majeurs issus de cette méta-analyse ont été synthétisés en fonction d’une estimation de pertes économiques par cas de mammite clinique sur une vache laitière :

  • L’étiologie influence significativement les pertes par cas de mammite clinique.
  • La perte moyenne, toutes étiologies publiées confondues, s’élève à 224 € par cas.
  • L’impact financier moyen est de 101 € pour des mammites dues à des bactéries Gram + et de 457 € pour celles provoquées par des bactéries Gram -. Par contre, ne sont pas prises en compte les conséquences à long terme des mammites, qui sont plus importantes pour les infections à bactéries Gram + que pour les mammites à germes Gram – (efficacité des traitements, infection chronique).
  • Les pertes calculées ont été de 74, 79, 121 et 428 € par cas de mammite due respectivement à Staphylococcus aureus, coagulase neg. Staphylococcus, Streptococcus spp. et Escherichia coli.
  • L’estimation des pertes dépend aussi de la prise en compte des coûts de diagnostic et de la réduction de l’ingéré alimentaire, paramètres liés aux conséquences des mammites cliniques.
  • La valorisation de divers postes de coût (travail, médicaments, réforme) influence significativement l’estimation des pertes par cas de mammite clinique.
  • Les différences observées entre publications sont également dues à une prise en compte rare ou absente de certains critères en relation avec les mammites cliniques et ayant un impact économique comme l’influence sur la reproduction, le diagnostic avant traitement, le prix du lait, le coût du travail supplémentaire, …

La présente étude a consisté en une estimation des pertes économiques engendrées par les mammites cliniques de la vache laitière, ceci d’après une méta-analyse de 9 publications intégrant 82 observations. Les pertes directes en € liées aux mammites à germes Gram – sont nettement plus importantes que celles dues aux infections à bactéries Gram +, mais ne prennent pas en compte les effets à long terme de la mammite. Il est par ailleurs difficile de conclure quant aux paramètres qui influencent le plus ces niveaux de pertes. Pour les auteurs, il y a nécessité de standardiser l’évaluation des pertes engendrées par cette pathologie.

Résumé Publication “The Use of Meta-Analysis for the Measurement of Animal Disease Burden: Losses Due to Clinical Mastitis as an Example.”

Raboisson D., Ferchiou A., Pinior B., Gautier T., Sans P., Lhermie G.

Frontiers in Veterinary Science. 2020, 7: 149.

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REPLAY – Semaine de la performance du 1er au 4 septembre 2020


VIDÉOS à LA DEMANDE – REPLAY

Semaine de la Performance du 1 au 4 septembre 2020

Du 1er au 4 septembre, les experts Eilyps vous donnaient rendez-vous pour la semaine de la performance .

Retrouvez tous les webinaires de la « Semaine de la Performance » en REPLAY !

 16 webinaires (web-séminaires) du 1er au 4 septembre 2020.

Vous êtes producteur ou professionnel du secteur agricole ? Vous souhaitez booster les performances de votre exploitation ?

Accédez gratuitement aux REPLAY !

Format : 45 minutes 

Mardi 1er septembre

[STRATÉGIE D’ÉLEVAGE]

Quels indicateurs économiques pour la réussite de son projet ?

VIDÉO à la demande :

[NUTRITION DE PRÉCISION]

L’apport des Acides Aminés dans la ration des vaches laitières

VIDÉO à la demande :

[TÉMOIGNAGE ÉLEVEUR]

J’ai gagné en autonomie alimentaire grâce au méteil protéique

VIDÉO à la demande

[CIRCUIT COURT]

Découvrez un projet ambitieux et atypique aux portes de Paris

VIDÉO à la demande

Mercredi 2 septembre

[VEAUX BIO]

Zoom sur la nouvelle réglementation

VIDÉO à la demande

[ÉLEVEURS LAITIERS]

Diversifiez vos revenus grâce au croisement

VIDÉO à la demande

[LA DERMATITE]

Comment s’en sortir ?


VIDÉO à la demande

[ROBOT]

Robot de traite et pâturage,
le mariage gagnant !

 

VIDÉO Lely

Jeudi 3 septembre

[ROBOT]

800 000 litres par stalle, c’est possible ?

VIDÉO à la demande

[REPRODUCTION]

Le croisement génétique pour des vaches productives et rustiques

VIDÉO à la demande

[CAPRINS]

Produire plus avec les lactations longues !


VIDÉO à la demande

[TÉMOIGNAGE]

Stefan Van Rumst (Belgique) partage sa vision du pilotage technico-économique

 

VIDÉO à la demande

Vendredi 4 septembre

[OBJETS CONNECTÉS]

Véritables boosters de performances pour l’agriculture

VIDÉO à la demande

[LE BÂTIMENT DE DEMAIN]

Plus fonctionnel et adapté au changement climatique

VIDÉO à la demande

[MÉTHANISATION]

Piloter un projet méthanisation, les clefs pour le réussir ?

VIDÉO à la demande

[GÉNISSES]

Moins de travail, plus de résultats !

 

VIDÉO à la demande

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Collecte française : un été contrasté


Après un bon 1er trimestre (+1,2% /2019, effet année bissextile neutralisé), la collecte française a entamé une baisse saisonnière précoce et marquée, en reculant de 1% /2019 au 2ème trimestre.

D’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte du mois de juillet semble avoir été dynamique, en hausse de +2,7% par rapport au faible mois de juillet de 2019. Cette évolution semble optimiste compte tenu du début d’été très sec et du recul du cheptel.

En effet, le mois de juillet et la première quinzaine d’août 2020 ont connu des conditions météorologiques difficiles. Le mois de juillet a été marqué par une quasi-absence de précipitations, ne représentant que 19 % de la normale saisonnière et en faisant de ce mois de juillet 2020 le plus sec depuis 1959. Toutes les régions de l’Hexagone ont été touchées par ce manque d’eau et les restrictions d’eau ont concerné 79 départements. La pousse cumulée d’herbe a ainsi enregistré un ralentissement notable en juillet. Les conséquences de la pousse de l’herbe n’auraient commencé à affecter la collecte qu’à partir du mois d’août, d’après les données de France Agrimer.

En outre, après avoir rebondi en mai, le cheptel de vaches laitières a de nouveau reculé en juin, conséquence d’une forte hausse des abattages. Avec 3, 557 millions de têtes au 1er juillet, il a perdu 18. 000 têtes d’un mois sur l’autre, tombant à -1,8% sous son niveau de 2019.

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Prix du lait : timide hausse saisonnière


Après avoir été relativement stable et plutôt élevé en janvier et février (353 €/1 000 l), le prix du lait standard (moyenne nationale toutes qualités confondues) avait fortement reculé en mars puis en avril à 339 €/1 000 l, passant sous le bon niveau de 2019 (-3%). Il a ensuite légèrement fléchi en mai (338 €) avant d’entamer timidement sa remontée saisonnière en juin pour atteindre 341 €/1 000 l (-2,5% /2019). Si en juin, le prix a légèrement progressé d’un mois sur l’autre dans le Grand Ouest et le Grand Est (+0,3%), il a augmenté plus fortement en Auvergne-Limousin, en Charente-Poitou (+1,7%) et dans le Centre (+3% /mai 2020).

Le prix devrait à nouveau légèrement progresser au cours de l’été, notamment en tenant compte d’un bonus sur le prix payé par plusieurs groupes laitiers (Eurial, Savencia, Sodiaal et Terra Lacta) qui avaient appliqué un malus ou pénalité sur le prix du lait payé au printemps pour modérer la collecte printanière.

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Marchés des produits laitiers : redressement des cours des ingrédients laitiers


Après avoir décroché jusqu’à la mi-avril, les cours des ingrédients laitiers en France se sont partiellement redressés avant de se stabiliser.

Après avoir dévissé entre le début du confinement et la mi-avril pour afficher 1 870 €/t, la cotation ATLA de la poudre maigre a connu un redressement spectaculaire à partir du mois de mai. Depuis juin, le cours s’est globalement stabilisé, évoluant entre 2 100 et 2 200 €/t, un niveau comparable à celui de 2019, mais inférieur de 20% à celui d’avant le confinement. Aux Etats-Unis, après avoir atteint des sommets en avril, les stocks de poudre maigre ont reflué pour revenir en juin à leur niveau de l’année dernière (-1% /2019). Ce repli s’explique notamment par de fortes exportations, tirées par une compétitivité liée à des prix intérieurs en baisse et à la dépréciation du dollar face à l’euro.

Le marché du beurre a retrouvé l’équilibre qui prévalait avant la période de confinement. Après avoir chuté en mars et avril, la cotation ATLA du beurre cube sur le marché spot (qui mesure les nouveaux contrats) a retrouvé mi-juin son niveau de mi-février, avant le confinement. Elle est depuis demeurée stable à 3 400 €/t, un niveau légèrement inférieur à celui de 2019 (-4%).

Le marché des fromages européens est demeuré relativement robuste. Le cours de l’emmental allemand, fromage destiné au marché européen, a gagné 3% entre mai et juillet, égalant son niveau du début d’année. En revanche, si le cours du gouda en Allemagne, plus sensible à la conjoncture internationale, a également progressé de 3%, il n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant le confinement. Aux Etats-Unis, après avoir établi un nouveau record en juillet, à plus de 5 700 €/t, le cours du cheddar a commencé à s’effondrer en août pour retrouver son niveau de mai 2020. De tels niveaux de prix n’étaient plus tenables à l’export comme sur le marché intérieur.

L’évolution des prix dans les prochains mois dépendra aussi bien de la croissance de la production dans les principaux bassins exportateurs que des conséquences sanitaires et économiques de l’épidémie de Covid-19 qui progresse encore dans plusieurs régions du monde.

Marchés mondiaux des produits laitiers – Année 2019 et Perspectives 2020 : des marchés mondiaux des produits laitiers robustes avant la pandémie et ses turbulences

Au 1er semestre 2020, la Covid-19 a fortement bousculé les filières laitières et les marchés internationaux des produits laitiers. Le confinement de près de la moitié de la population mondiale a provoqué un gigantesque chamboulement des chaînes d’approvisionnement des produits alimentaires et des cours des commodités laitières. Après avoir chuté, ceux-ci se sont ensuite rapidement redressés. Car si les stocks de fromages ont fortement gonflé, surtout aux États-Unis, ceux de beurre et de poudre maigre sont demeurés limités dans l’Union européenne.

Ce rétablissement rapide des cours résulte du bon équilibre général des marchés mondiaux qui prévalait avant la pandémie. En 2019, ils ont bénéficié d’une demande internationale globalement supérieure aux disponibilités. La production laitière avait alors progressé modérément, essentiellement en Asie. En revanche, les principaux bassins excédentaires n’avaient enregistré qu’une croissance modeste de leur production, notamment en Océanie soumise à de nouveaux évènements climatiques majeurs. Aux États-Unis, la production a été relancée grâce à la remontée du prix du lait.

Les échanges internationaux de produits laitiers ont cependant progressé en 2019 grâce à la remise sur le marché d’importants de stocks de poudre maigre accumulée dans l’UE-28 lors de la crise de 2016, et de poudres grasses en Nouvelle-Zélande.

L’Asie de l’Est et du Sud-Est est demeurée la destination prioritaire des flux supplémentaires de produits laitiers échangés sur le marché mondial. La Chine est toujours le débouché le plus dynamique avec une croissance forte des importations portées à 12,4 milliards d’euros en incluant Hong Kong, soit plus du quart des échanges internationaux (hors commerce intra-communautaire).

Pour en savoir plus : consultez le site de l’IDELE.

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